L’éducation bienveillante à 14 mois

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Pendant la grossesse, nous sommes beaucoup renseigné sur l’éducation et surtout le rapport de force entre parents/enfants. J’avais un formidable exemple d’éducation bienveillante d’une famille très proche de mon cœur et je savais que c’est ainsi que je voulais élever mon enfant. Mais entre la théorie et la pratique, il y a parfois un fossé 😀

Que donne l’éducation bienveillante à 14 mois ?

  • Le non n’existe pas !

Dans cette grande époque de découvertes et de tests multiples et variés, il n’y a pas de non mais de la direction. Nous respectons son envie du moment et si elle ne convient pas à ce que nous souhaitons, nous redirigeons. Bébé lance les livres de la bibliothèque, nous félicitons sa dextérité mais nous l’amenons vers ses balles. Bébé vide le placard à 19h30 ? Nous allons dans la chambre pour vider sa caisse de jouets. Il s’agit plus de ne pas entraver son besoin de tester son corps et sa réflexion que d’interdire et de poser des règles abstraites qu’il ne peut comprendre 🙂

Je triche un peu en disant qu’il n’y a pas de non car en réalité il y en a deux à la maison : lorsque bébé se met en grand danger (les prises électriques en particulier) et lorsque bébé ne respecte pas l’intégrité de la personne en face de lui (que ce soit nous, les enfants ou les animaux). Ces non ne sont pas négociables mais arrivent très peu. La situation de danger est extrême ici, comme dit seulement les prises électriques. Si bébé veut tirer la chaise au risque qu’elle tombe, nous nous mettons à côté de lui et sécurisons son expérience ! Ainsi, une fois bien testée la chaise, ça ne l’intéresse plus et je sais qu’il ne la touchera que très rarement.

  • Lui demander 

C’est un des principes qui a été le plus dur à mettre en place car nous avons l’habitude de donner le la à nos enfants et d’attendre l’obéissance. Et quand, tout à coup, il se met à hurler quand je le prends pour changer de pièce alors que ça ne l’avait jamais dérangé, une remise en question s’est imposé. On s’est simplement rendu compte qu’on déteste qu’on nous fasse ça : nous arracher d’une activité sans rien demander, ça me hérisse le poil alors pourquoi lui faire ? Maintenant nous lui demandons de venir. Soit il vient tout de suite, soit il termine son activité et vient, soit il s’en fiche et là je le prends 😀

Hé oui, l’éducation bienveillante n’est pas un laxisme des parents, nous avons le dernier mot mais nous demandons avant tout à notre enfant de s’exprimer et nous nous engageons à respecter son individualité.

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  • Ne minimisons pas son expérience 

Toujours le féliciter même pour un geste déjà acquis. Quand il le fait extrêmement bien, nous devons le remarquer et lui dire, c’est un progrès qu’il ne faut pas minimiser. Exactement la même chose avec le pleur. Moi ça me parait petit de pleurer parce qu’il a accidentellement fermé la porte mais lui ça le rend triste/apeuré/en colère alors pas de « c’est rien » mais un gros « oh tout va bien, regarde, c’est passé. Je comprends, moi aussi je n’aime pas quand je fais une chose qui m’a échappé ».

  • On écoute ses émotions et on les canalise

A 14 mois, bébé sent la colère, il la sent monter et redescendre et la traduit par des gestes violents. Si c’est envers une personne ou un animal, le non arrive mais il est doux et compréhensif : « tu es en colère, elle déborde de toi mais tu ne peux pas l’exprimer sur moi. Par contre, tu peux crier pour la faire sortir ». Alors on se met ensemble et on crie avec un grand sourire. Bébé sourit et crie, la colère passe 🙂

A cet âge, les émotions apparaissent comme des petites bulles qui explosent en lui et s’il apprend à gérer seul certaines émotions, c’est encore très compliqué. Il a besoin de passer par nous pour les gérer, c’est pourquoi nous sommes là à chaque pleur, à chaque demande de bras, à chaque rire. Ça demande un énorme investissement et honnêtement c’est très lourd à porter certains jours quand même nous n’arrivons pas à gérer nos émotions de la journée.

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  • J’assume mon émotion 

On doit passer du « tu » accusateur au « je » pour s’exprimer et ça c’est véritablement la chose la plus dure. Ne pas dire « Tu me fatigues, arrête, calme-toi » mais « Je suis fatiguée, il me faut du calme s’il te plait », « Je suis en colère » et non pas « Tu m’énerves ». J’exprime respectueusement et je porte la responsabilité de MON émotion (et surtout je lui montre l’exemple). Nous sommes deux et il n’est pas responsable de ma fatigue/énervement mais il peut m’aider si je lui demande 🙂

  • C’est aussi sa maison 

Elle est adaptée à bébé. Pas de tentations avec des objets que l’on peut casser, avec des objets dangereux qui nous forcent à intervenir mais une petite réorganisation. On met nos Pléiades en hauteur et les Tupperwares dans le placard du bas !

Bilan sur notre vie : Aucun pleur, des chouinades ou des sourires et de la compréhension, beaucoup de câlins, une motricité libre et surtout une grande indépendance. Oh que oui nous allons continuer dans cette voie 😀 Rien n’est parfait, on apprend chaque jour mais c’est un grand bonheur de dialoguer !

NB : Envers du décor, mon fils ne fait toujours pas ses nuits et boit du lait pour se rassurer d’angoisses que nous ne comprenons pas (surtout qu’il est totalement différent le jour). Nous avons donc rendez-vous chez le pédopsychiatre et nous retirons le lait de la nuit avec beaucoup de pleurs accompagnés … Hé oui, l’échec est partout 🙂 ne vous fiez pas aux images !

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