Le caprice n’existe pas

Après avoir moi aussi commenté sur un post IG que le caprice n’existait pas, j’ai eu envie d’écrire plus longuement sur le sujet !

Qu’est ce que le caprice ?

Le caprice serait quand un nouveau-né/bébé/bambin/enfant cherche à avoir quelque chose par des cris, des pleurs, une insistance quelconque. Ça peut être aussi bien les bras, le gâteau, rester au parc, etc. Toutes les situations où on entend très facilement « oh le petit capricieux ! », chose qui me met littéralement hors de moi. Essayer seulement de me dire que mon enfant est capricieux quand il s’exprime 😉

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Qu’est ce qu’il a y a VRAIMENT dans un caprice ?

Dans un caprice, il y a un torrent d’émotions qui s’entremêlent et qui mènent toutes à une seule : la colère. On en parle souvent en termes très négatifs et je ne suis plus d’accord depuis une petite dizaine d’années. La colère est une très très belle émotion et certainement la plus complexe qu’on puisse éprouver. Elle est là pour nous dire que quelque chose nous attaque, qu’il faut l’arrêter ou se protéger : « Ah je me mets en colère, qu’est ce qui se passe ? Oui, ce mec m’agace avec ses paroles. Je lui dis d’arrêter », fin de l’histoire.

Ce qu’on appelle caprice est tout simplement une colère de protection, une colère pour se faire entendre car personne n’a entendu les émotions qui explosaient avant. Je souhaite que mon bambin aille se baigner avec moi, il rechigne ou me dit « non », je trouve qu’il faut quand même, je le prends par la main, il hurle, se jette au sol et je me mets à hurler aussi « arrête ton caprice ».

Le caprice comme façon d’expliquer toute émotion

Dans cet exemple d’enfant à la mer, on parle de caprice dès que l’enfant souhaite faire différemment de nous : JE pense que c’est plus intéressant comme ça, il n’a que 18 mois, JE décide et puis c’est tout, il arrête son caprice. Mais son caprice de quoi ? De vouloir exister et dire quelque chose ?

Face à ce mécanisme de pensée, l’enfant n’a qu’une seule façon de réagir. Il doit entrer dans le conflit afin de faire prévaloir ses idées et de se préserver. Essayer deux secondes d’imaginer une situation qu’on a tous connu. Vous avez un truc à dire, on vous coupe, personne ne vous laisse terminer votre phrase, que faites-vous ? a) vous criez pour attirer l’attention et vous dîtes ce que vous avez à dire b) vous ne dîtes rien et vous restez avec une boule dans la gorge de vous sentir si minable.

Non je ne trouve pas que ce raccourci soit facile, je le trouve même très explicite car un enfant est autant un être humain qu’un adulte. Il n’y a pas de hiérarchie, mon fils existe autant que moi 🙂 Faut-il vraiment avoir des expériences pour avoir le droit d’exister ? Je n’ai jamais sauté en parachute, je dois donc me taire ? Vous trouvez ça absurde, et bien mon gamin n’a encore rien fait de sa vie et dans sa vie, je ne lui retire pas sa voix pour autant.

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L’anéantissement du caprice

C’est pour cela qu’il n’y a pas de caprice chez moi, au même titre qu’il n’y a pas de licorne dans les Vosges. Je n’y crois pas alors il n’entre pas chez moi 🙂 (faciiiiiiiiiile)

Étant donné que j’écoute à 200% chaque parole, chaque rire, chaque expression, chaque pleur, mon enfant n’a aucunement besoin d’entrer dans le conflit pour se faire entendre. Ça ne veut pas dire qu’on lui obéit, ohla loin de là 😉 (l’éducation bienveillante n’est absolument pas laxiste).

Cela veut dire que si mon gamin de 18 mois souhaite rester au parc, j’écoute, je dis que j’ai entendu mais que je ne peux pas faire de compromis, qu’on doit rentrer car il commence à pleuvoir, qu’on revient avec le soleil. Soit il accepte sans problème, soit il se met en colère. Ok, j’écoute la colère, je répète encore et encore pourquoi je prends la décision, je dis que je comprends ce qu’il me dit et on finit par s’en aller au bout de quelques minutes. Tout ça sans conflit.

Oui, il a pleuré et alors ? On peut pleurer sans avoir mal. Vous n’avez jamais pleuré devant Titanic ? Vous n’êtes pas en train d’entrer en guerre mais seulement de pleurer votre émotion ? Même chose ici, je ne me braque pas en me disant qu’il veut avoir le dessus sur moi. Non, il est comme moi avec moins de retenue. Moi aussi je trouve ça SUPER SUPER injuste de partir du parc et ça me rend triste, mais j’ai 20 ans de gestion d’émotions derrière moi 😉

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Bilan à 18 mois

A 18 mois, on commence à sentir un changement. Il n’est plus aussi attentif et explose rapidement, c’est son développement qui veut ça (vivement que ça se termine quand même). Néanmoins ça reste très très facilement gérable !

  • Dire qu’on l’entend ! Essayez, je vous promets que ça réduit ENORMEMENT tout. Il crie dans la voiture, je dis que je comprends. Il crie pour manger, je dis que j’ai entendu et qu’il ne voit peut être pas mais je suis en train de l’aider. Il dit un truc improbable en montrant du doigt et s’énerve que je ne comprenne pas, je lui dis que je ne comprends pas ce qu’il dit.
  • Toujours expliquer. Mon dieu que ça demande une énergie folle, je sais, c’est vraiment très dur mais il faut essayer de s’y tenir. On explique pourquoi on fait ce choix.
  • Se remettre en question. S’il se met en colère, c’est que je l’attaque d’une façon ou d’une autre. Qu’est ce que j’ai fait ? Puis-je réagir autrement ? Le compromis est-il possible ? Il se met en colère parce que je le porte dans les escaliers, ok, essayons de le poser (quand je n’ai pas le temps, je lui dis tout simplement que je n’ai pas le temps), ah il monte l’escalier en rigolant, allez je prends deux minutes de plus pour rentrer 😉
  • Ne pas se braquer ! Je loupe constamment des signaux alors il crie pour se faire comprendre ou tout simplement me répète ce qu’il a envie de dire. Et bien, je réagis avec humilité « oh pardon Martial, je n’avais pas compris que tu avais envie de faire seul ». Il n’y a pas mort d’homme bien sûr (il pourrait mieux faire se comprendre d’abord haha) mais c’est le comportement que je souhaite qu’il ait : s’excuser quand on est en tort.
  • Dire qu’on ne peut pas. Parce qu’il est 20h et que non je n’ai plus la force de jouer à faire la course à quatre pattes (ça démonte les genoux du dieu), ça te met en colère car ça te frustre et bien soit. J’ai un besoin aussi, c’est moi qui prime là maintenant, c’est à toi de m’aider.

Avec tout ça, j’attends la crise du Terrible Two avec grande impatience 😀 je pense que notre éducation va être rudement mise à l’épreuve !

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L’éducation bienveillante à 14 mois

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Pendant la grossesse, nous sommes beaucoup renseigné sur l’éducation et surtout le rapport de force entre parents/enfants. J’avais un formidable exemple d’éducation bienveillante d’une famille très proche de mon cœur et je savais que c’est ainsi que je voulais élever mon enfant. Mais entre la théorie et la pratique, il y a parfois un fossé 😀

Que donne l’éducation bienveillante à 14 mois ?

  • Le non n’existe pas !

Dans cette grande époque de découvertes et de tests multiples et variés, il n’y a pas de non mais de la direction. Nous respectons son envie du moment et si elle ne convient pas à ce que nous souhaitons, nous redirigeons. Bébé lance les livres de la bibliothèque, nous félicitons sa dextérité mais nous l’amenons vers ses balles. Bébé vide le placard à 19h30 ? Nous allons dans la chambre pour vider sa caisse de jouets. Il s’agit plus de ne pas entraver son besoin de tester son corps et sa réflexion que d’interdire et de poser des règles abstraites qu’il ne peut comprendre 🙂

Je triche un peu en disant qu’il n’y a pas de non car en réalité il y en a deux à la maison : lorsque bébé se met en grand danger (les prises électriques en particulier) et lorsque bébé ne respecte pas l’intégrité de la personne en face de lui (que ce soit nous, les enfants ou les animaux). Ces non ne sont pas négociables mais arrivent très peu. La situation de danger est extrême ici, comme dit seulement les prises électriques. Si bébé veut tirer la chaise au risque qu’elle tombe, nous nous mettons à côté de lui et sécurisons son expérience ! Ainsi, une fois bien testée la chaise, ça ne l’intéresse plus et je sais qu’il ne la touchera que très rarement.

  • Lui demander 

C’est un des principes qui a été le plus dur à mettre en place car nous avons l’habitude de donner le la à nos enfants et d’attendre l’obéissance. Et quand, tout à coup, il se met à hurler quand je le prends pour changer de pièce alors que ça ne l’avait jamais dérangé, une remise en question s’est imposé. On s’est simplement rendu compte qu’on déteste qu’on nous fasse ça : nous arracher d’une activité sans rien demander, ça me hérisse le poil alors pourquoi lui faire ? Maintenant nous lui demandons de venir. Soit il vient tout de suite, soit il termine son activité et vient, soit il s’en fiche et là je le prends 😀

Hé oui, l’éducation bienveillante n’est pas un laxisme des parents, nous avons le dernier mot mais nous demandons avant tout à notre enfant de s’exprimer et nous nous engageons à respecter son individualité.

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  • Ne minimisons pas son expérience 

Toujours le féliciter même pour un geste déjà acquis. Quand il le fait extrêmement bien, nous devons le remarquer et lui dire, c’est un progrès qu’il ne faut pas minimiser. Exactement la même chose avec le pleur. Moi ça me parait petit de pleurer parce qu’il a accidentellement fermé la porte mais lui ça le rend triste/apeuré/en colère alors pas de « c’est rien » mais un gros « oh tout va bien, regarde, c’est passé. Je comprends, moi aussi je n’aime pas quand je fais une chose qui m’a échappé ».

  • On écoute ses émotions et on les canalise

A 14 mois, bébé sent la colère, il la sent monter et redescendre et la traduit par des gestes violents. Si c’est envers une personne ou un animal, le non arrive mais il est doux et compréhensif : « tu es en colère, elle déborde de toi mais tu ne peux pas l’exprimer sur moi. Par contre, tu peux crier pour la faire sortir ». Alors on se met ensemble et on crie avec un grand sourire. Bébé sourit et crie, la colère passe 🙂

A cet âge, les émotions apparaissent comme des petites bulles qui explosent en lui et s’il apprend à gérer seul certaines émotions, c’est encore très compliqué. Il a besoin de passer par nous pour les gérer, c’est pourquoi nous sommes là à chaque pleur, à chaque demande de bras, à chaque rire. Ça demande un énorme investissement et honnêtement c’est très lourd à porter certains jours quand même nous n’arrivons pas à gérer nos émotions de la journée.

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  • J’assume mon émotion 

On doit passer du « tu » accusateur au « je » pour s’exprimer et ça c’est véritablement la chose la plus dure. Ne pas dire « Tu me fatigues, arrête, calme-toi » mais « Je suis fatiguée, il me faut du calme s’il te plait », « Je suis en colère » et non pas « Tu m’énerves ». J’exprime respectueusement et je porte la responsabilité de MON émotion (et surtout je lui montre l’exemple). Nous sommes deux et il n’est pas responsable de ma fatigue/énervement mais il peut m’aider si je lui demande 🙂

  • C’est aussi sa maison 

Elle est adaptée à bébé. Pas de tentations avec des objets que l’on peut casser, avec des objets dangereux qui nous forcent à intervenir mais une petite réorganisation. On met nos Pléiades en hauteur et les Tupperwares dans le placard du bas !

Bilan sur notre vie : Aucun pleur, des chouinades ou des sourires et de la compréhension, beaucoup de câlins, une motricité libre et surtout une grande indépendance. Oh que oui nous allons continuer dans cette voie 😀 Rien n’est parfait, on apprend chaque jour mais c’est un grand bonheur de dialoguer !

NB : Envers du décor, mon fils ne fait toujours pas ses nuits et boit du lait pour se rassurer d’angoisses que nous ne comprenons pas (surtout qu’il est totalement différent le jour). Nous avons donc rendez-vous chez le pédopsychiatre et nous retirons le lait de la nuit avec beaucoup de pleurs accompagnés … Hé oui, l’échec est partout 🙂 ne vous fiez pas aux images !

Mon expérience Montessori : le lit – épisode 1

A la naissance de Bébémar, nous avons fait comme nos parents et leurs parents : nous avons placé le bébé endormi dans un couffin dans son lit à barreau dans sa chambre. Nous avions entendu parler du cododo et du berceau à nos côtés, que l’on a d’ailleurs expérimenté le premier mois mais nous avions comme « objectif » de le faire dormir dans son lit. Les premiers mois, Bébémar dormait donc la nuit dans son lit et la journée dans son parc au salon car il aimait s’endormir en nous entendant.

Plus le temps avec bébé passait et plus je prenais confiance en moi et en mes lectures de maternage alternatif. C’est comme cela que la méthode Montessori et son lit au sol a commencé à faire son chemin dans ma petite tête. Pour celles qui ne connaissent pas, c’est une méthode d’éducation prônée par Maria Montessori dans les années 1930 qui visent à encourager l’enfant à l’autonomie et l’indépendance. Maria nous conseille donc de retirer ces « lits-cages » qui enferment nos enfants et créent un rapport de force inutile (je décide que tu dois dormir, je te place dans un endroit dont tu ne peux pas sortir). Lire la suite de « Mon expérience Montessori : le lit – épisode 1 »